1/8 — Celui qui n’aimait plus
Une série de 8 nouvelles sur l'Amour Pas l’amour idéalisé. Pas l’amour romantique. L’amour comme énergie vitale. Comme force d’alignement entre le corps, l’esprit et l’âme.
EQUILIBRE CORPS-ESPRIT
Christian Ségot
3/25/20263 min temps de lecture


On peut réussir…
et ne plus rien ressentir.
On peut être entouré…
et se sentir intérieurement désert.
On peut sourire…
et avoir les yeux éteints.
Cette première nouvelle raconte l’histoire d’un homme performant. Respecté. Structuré. Mais qui ne ressent plus rien.
Jusqu’à ce qu’une phrase inattendue fissure son armure.
C’est une histoire courte.
Intense.
Silencieuse.
Elle pourrait vous concerner plus que vous ne le pensez.
Prenez 6 minutes.
Lisez-la sans distraction.
Et observez ce qui bouge en vous.______________________________________
Il disait qu’il allait bien.
Il le disait avec la voix calme de ceux qui ont appris à maîtriser les apparences. Un ton posé. Un sourire professionnel. Une posture droite. Toujours droite.
Il réussissait. Il décidait. Il optimisait.
Mais il ne ressentait plus rien.
Ni tristesse. Ni joie. Ni manque.
Un jour, dans l’ascenseur de son immeuble, une petite fille l’a regardé fixement. Elle tenait la main de sa mère, un cartable presque trop grand pour elle.
Elle lui a demandé : — Monsieur, pourquoi vous êtes triste ?
Il a souri. — Je ne suis pas triste.
Elle a penché la tête. — Si. Vos yeux ne brillent pas.
Les portes se sont ouvertes. Il est sorti sans répondre.
Toute la journée, cette phrase l’a poursuivi.
Vos yeux ne brillent pas.
Il a essayé de l’oublier en faisant ce qu’il savait faire de mieux : travailler plus. Répondre plus vite. Contrôler plus.
Mais le soir, face au miroir, il a vu ce que la petite fille avait vu.
Pas de tristesse.
Juste… rien.
Comme un lac immobile depuis trop longtemps.
Il n’avait pas toujours été ainsi.
Il se souvenait d’une époque où son cœur battait plus fort pour des choses simples : Un message inattendu. Une main frôlée. Un coucher de soleil inutile.
Puis un jour, sans qu’il sache exactement quand, il avait commencé à se protéger.
Un amour déçu. Une trahison mal digérée. Une promesse non tenue.
Alors il avait décidé — inconsciemment — de ne plus dépendre de personne.
Il appelait cela maturité. En réalité, c’était une fermeture.
Le problème, c’est que le cœur ne se ferme jamais à moitié. Quand on ferme pour ne plus souffrir, on ferme aussi pour ne plus aimer.
Deux jours après l’ascenseur, il a fait quelque chose d’inhabituel.
Il est rentré plus tôt. Il a éteint son téléphone. Il s’est assis à la table de la cuisine.
Et il a pris une feuille blanche.
Il ne savait pas à qui écrire. Alors il a écrit à la dernière personne qu’il avait aimée vraiment.
Pas pour la reconquérir. Pas pour s’excuser.
Juste pour dire la vérité qu’il n’avait jamais osé formuler.
“J’ai eu peur.” “J’ai préféré avoir raison que rester.” “J’ai voulu paraître fort plutôt que sincère.”
Les mots sont sortis lentement, puis en cascade.
Il a senti quelque chose se fissurer.
Pas une douleur.
Une chaleur.
Comme si un endroit gelé depuis longtemps commençait à dégeler.
L’amour ne disparaît pas.
Il s’endort.
Sous les couches de stratégie. Sous les couches d’ego. Sous les couches de performance.
Mais il attend.
Toujours.
Il a terminé la lettre.
Il ne l’a pas envoyée.
Il l’a pliée.
Il l’a posée contre sa poitrine.
Et pour la première fois depuis des années, il a fermé les yeux sans planifier le lendemain.
Le lendemain matin, dans l’ascenseur, la petite fille était là.
Elle l’a regardé.
Il n’a rien dit.
Elle non plus.
Mais elle a souri. — Voilà.
Les portes se sont ouvertes.
Cette fois, c’est lui qui a penché la tête. — Voilà quoi ?
Elle a haussé les épaules. — Ça brille.
Il n’était pas redevenu amoureux.
Il n’avait rien résolu.
Il n’avait reconquis personne.
Mais il avait fait quelque chose de plus rare : Il avait accepté de ressentir.
Et l’amour commence toujours là.
Rituel silencieux
Ce soir, prenez une feuille. Écrivez à quelqu’un que vous avez aimé — ou que vous aimez encore. Dites ce que vous n’avez jamais osé dire. Ne l’envoyez pas.
Posez la lettre contre votre cœur pendant trois minutes.
Respirez.
Ne cherchez pas d’émotion.
Laissez-la venir si elle vient.
Peut-être que vous n’êtes pas fatigué. Peut-être que vous êtes simplement fermé.
Et si vos yeux ne brillaient plus… qui pourrait vous le dire ?
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